Jean-Charles Marchiani (ex- préfet Marchiani) : une main de fer dans un gant de velours

Jean-Charles Marchiani
Jean-Charles Marchiani
Selon Jean-Charles Marchiani (l’ancien préfet Marchiani), « avec la récente libération de Serge Lazarevic (qui a partagé 15 mois de détention avec Philippe Verdon, un géologue exécuté par les ravisseurs), la France peut s’enorgueillir de ne plus avoir d’otages français dans les différentes régions du monde ! » Pour mémoire, en février 2013 près de 13 personnes étaient encore détenues en Syrie, au Mali et en Algérie. Le dénouement heureux ou tragique de ces prises d’otages implique de nombreux questionnements sur les techniques de négociation et les relations diplomatiques.
Airbus d'Air France 1994 négociation Jean-Charles MArchiani
Airbus d’Air France 1994 (Négociation Jean-Charles Marchiani).

Prises d’otages spectaculaires et interventions musclées                     des forces de l’ordre

Dans certaines situations, la France est dans l’obligation de lancer des offensives armées. La prise d’otage du Vol 8969 d’Air France entre Alger et Marseille en 1994, dont la gestion opérationnelle fut assurée par Charles Pasqua et Jean-Charles Marchiani, a marqué à jamais les esprits. Les terroristes islamistes commencèrent par exécuter des passagers suite aux refus de négocier de l’Algérie (notamment libérer des prisonniers). Après l’exécution en public de deux passagers dont le français Yannick Beugnet, le président français – François Mitterrand – menaça l’Algérie de couper les aides financières et de provoquer une crise diplomatique ! La France repris alors la situation en main et lança l’assaut à Marseille. Marquant l’histoire du GIGN, cette opération à laquelle Jean-Charles Marchiani a participé activement est un succès. Les 4 preneurs d’otage furent abattus tandis que 9 membres du GIGN furent blessés.

Un autre assaut marqua les mémoires avec une prise d’otage dans une école française en mai 1993. Mené par le RAID, cet assaut fut particulièrement délicat en raison de l’âge des enfants. Le forcené – un entrepreneur ruiné – menaçait de tuer près de 21 enfants s’il n’obtenait pas 100 millions de francs. Au cours des deux jours, il libère certains enfants. Les policiers profitèrent de la fatigue de l’homme (Human Bomb) – et du courage de l’institutrice – pour l’abattre et récupérer les 6 enfants encore retenus.
Négociations feutrées et offres de compensations
Pour les prises d’otages à l’étranger, la France entame majoritairement de longues négociations. Si le gouvernement refuse de dévoiler les sommes en jeu, les avantages monétaires ou autre (libération de prisonniers, armes…) ces échanges sont avérés. Ainsi, de 1997 à 2007 5 infirmières Bulgare et un médecin sont retenus en otage en Libye. Faussement accusées d’avoir inoculé le SIDA à plus de 400 enfants, ces infirmières émeuvent l’opinion française dont l’épouse du président de la République Nicolas Sarkozy. Si la France assure avoir simplement mené un triomphe diplomatique, le dessous de l’histoire est bien plus coûteux. Les familles des « prétendues victimes » touchent plus de 400 millions d’euros tandis que des marchés sont offerts à Libye pour la remercier du geste diplomatique.
La récente libération des journalistes pris en otage en Syrie semble moins coûteuse. La presse étrangère avance un paiement par la France de 13 millions d’euros. Enlevés en juin 2013, les 4 hommes ont été torturés pendant 10 mois. Les ravisseurs étaient un groupe de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). Ils revendiquaient leurs valeurs extrêmes et souhaitaient démontrer leurs puissances.
Aussi curieux que cela puisse paraître, le modèle qu’incarnait Jean-Charles Marchiani a vécu pour laisser place à des relations avec les preneurs d’otages beaucoup plus ouvertes.

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